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La raison du succès de Serge Savard, c'est le travail.
Photo: Collection personnelle de Denis Archambault
La raison du succès de Serge Savard, c'est le travail. Photo: Collection personnelle de Denis Archambault

Serge Savard, la conclusion!

Nous en sommes à la conclusion de mon entrevue avec Serge Savard.

La stature de votre père était-elle aussi impressionnante que la vôtre?

«Il était légèrement moins grand. Il faisait à peu près six pieds. Mon grand-père, lui, était un gars de six pieds et trois pouces. C’est quand même assez grand. Ma mère était une grande femme. Nous avions des gènes pour être bâtis solides!»

J’imagine que le physique importe lorsqu’on bataille avec un adversaire dans le coin d’une patinoire pour la rondelle!

«C’est certain! La génération des hockeyeurs d’aujourd’hui est cependant beaucoup plus grande. On parle d’au moins quatre à cinq pouces de plus que notre génération. Dans les années 60, il y avait beaucoup de joueurs de 170 livres. De nos jours, il n’y a pas grand joueur en bas de six pieds et 200 livres.»

J’ai cru comprendre que, contrairement à la croyance populaire, lorsque vous étiez adolescent, vous auriez débuté au hockey comme joueur de centre. Confirmez-vous cela? 

«Tout à fait! Naturellement, lorsque j’étais adolescent dans mon village de Landrienne, en Abitibi, et que je jouais au hockey avec des amis, il était de coutume d’évoluer à diverses positions.

J’ai conséquemment, à cause de ma taille, commencé à jouer au poste de centre. Lors de mon arrivée dans l’organisation du Canadien, j’avais quinze ans. Les dirigeants du Canadien estimaient à cause de ma taille, qu’il serait préférable que j’évolue à la défense.»

Je saute quelques années, parce qu’il y a un souvenir qui envahit mon esprit. Je crois me rappeler vous entendre dire que votre fameux «spinorama» vous avait été inspiré par Doug Harvey. Ma question, plus précisément, est: comment l’avez-vous découvert?

«N’oublions pas que la télévision, en Abitibi, est arrivée en 1957. À cette époque, la transmission à partir du Forum ne se faisait qu’à partir du milieu de la deuxième période. La Soirée du hockey commençait à 21 h. Doug Harvey jouait alors pour le Canadien. C’est au cours d’un match que je l’ai vu faire cette manœuvre. Puis, vers l’âge de quinze ans, alors que j’appartenais au Canadien et que j’évoluais junior, je bénéficiais d’une passe gratuite qui me permettait d’aller au Forum pour voir les parties du Canadien. C’est là que j’ai revu Doug Harvey à quelques reprises exécuter son fameux spinorama. Je ne l’ai pas copié intentionnellement. C’est une manœuvre qui m’est venue en cours de jeu, de manière naturelle. Même si elle est très déroutante pour l’adversaire, dites-vous bien que cette manœuvre n’est facile à réaliser. Surtout lorsqu’un adversaire vous colle littéralement au dos!»

Le Canadien a-t-il, selon vous, des chances de gagner la coupe Stanley cette année?

«Le Canadien est, selon moi, à un ou deux joueurs d’impact prêt d’être un sérieux aspirant. Le noyau est très bon.»

Je suis d’accord avec le Sénateur et je crois que l’éclosion de Galchenyuk pourrait faire une grande différence.

Que pensez-vous de Carey Price?

«Gagner, ça se fait en équipe, et la contribution d’un gardien de premier ordre est indispensable.»

Y en a-t-il un parmi vous, chers lecteurs et chères lectrices, qui contredirait le Sénateur?

Soulignons simplement que les deux dernières fois que le Canadien a remporté la coupe Stanley, soit en 1986 et en 1993, Patrick Roy avait mérité chaque fois le trophée Conn-Smythe (meilleur joueur des séries éliminatoires).

Rappelons qu’en 2012, à la demande de Geoff Molson, Serge Savard s’était impliqué dans le dossier pour choisir le nouveau directeur général. L’exercice permettait le 2 mai d’aboutir à la nomination de Marc Bergevin.

Que pensez-vous de Marc Bergevin?

«Le Canadien a pu bénéficier de son expertise pour prendre une nouvelle direction. L’équipe est à deux joueurs d’impact d’être un sérieux aspirant à la coupe Stanley.»

Notons en tous cas que le 23 mai 2014, et ce pour une deuxième année consécutive, Bergevin était finaliste pour l’obtention du trophée Jack-Adams (meilleur directeur général de la LNH).

Comment est-ce d’être grand-père?

«On ne rajeunit pas, mais c’est le fun! Surtout lorsque tu es en assez bonne condition physique, ce qui est un peu mon cas. Mes petits-enfants donnent à leurs grands-parents beaucoup de plaisir.»

On me rapporte qu’au cours du dernier été vous faisiez du vélo?

«Cela me permet de garder la forme et de me renforcer.»

Considérant les deux fractures à la même jambe que vous avez subies au début des années 70, êtes-vous sur le point de devenir bionique?

«J’ai deux genoux artificiels, lesquels m’offrent une belle qualité de vie.»

Quelle perception avez-vous du fait qu’au Québec l’entrepreneurship soit à la baisse auprès des jeunes du Québec?

«Je n’ai pas les statistiques à l’appui pour répondre à cela. Personnellement, j’ai toujours eu l’esprit d’entreprendre. J’ai travaillé excessivement fort pour réussir. À notre époque, nous devions nous débrouiller avec notre intuition. Pour réussir, il faut travailler!»

N’hésitez pas et croyez en vous!

 

Thibeault, Messier, Savard et associés inc.

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