Saint Nicolas, évêque de Myre (Wikimedia Commons)
Saint Nicolas, évêque de Myre (Wikimedia Commons)

Saint Nicolas

Nous arriverons bientôt au 6 décembre, l’anniversaire de saint Nicolas. Même si cette fête européenne n’a jamais été très répandue au Québec, les plus vieux citoyens se souviennent peut-être avoir chanté la comptine de saint Nicolas quand ils allaient à l’école: «Saint Nicolas, patron des écoliers, apporte-moi des pommes dans mon petit panier.» La chanson «Il était trois petits enfants qui s’en allaient glaner aux champs» est beaucoup plus violente: les enfants se perdent et sont accueillis par un boucher, qui les tue, les coupe en morceaux et les met au saloir; saint Nicolas passe sept ans plus tard et les ressuscite.

Saint Nicolas, patron des écoliers; icône roumaine (Wikimedia Commons)

Saint Nicolas, patron des écoliers; icône roumaine (Wikimedia Commons)

La vie de saint Nicolas serait sans intérêt pour nous si elle n’avait pas un rapport direct avec Santa Claus, notre père Noël. Saint Nicolas de Myre était un évêque qui vivait au IVe siècle dans le sud de la Turquie. Son existence fut marquée par de nombreux miracles, et ses reliques, devenues très précieuses, seront volées par des marins italiens, qui les rapporteront à Bari. Elles seront données, volées et distribuées dans de multiples églises européennes, où le saint fera l’objet d’un culte très fervent tout au long du Moyen Âge.

Saint Nicolas avait obtenu un héritage important qui lui permit de distribuer anonymement, sur son âne, des cadeaux aux pauvres pendant la nuit de son anniversaire. Cette tradition se répandit au cours des siècles suivants, alors qu’on commença à représenter le saint avec sa grande barbe, sa mitre d’évêque et ses vêtements rouges. Cette tradition entrait plus ou moins en opposition avec le mythe du Santa Claus scandinave, répandu dans les pays nordiques. La légende de saint Nicolas, pendant ce temps, fut apportée au XVIIe siècle en Amérique par des Hollandais: Sint Niclaes devint Santa Claus par déformation.

En 1821, on publia à New York un poème anonyme qui se référait pour la première fois à un vieil homme apportant des cadeaux aux enfants sur un traîneau tiré par des rennes. À la même époque, d’autres contes contribuèrent à élaborer le mythe du Santa Claus actuel avec sa barbe blanche, ses vêtements rouges, son traîneau et ses rennes, qui reprenait, plus ou moins modifiés, les attributs de l’ancien saint Nicolas (mitre, crosse, âne et bonnet rouge).

Saint Nicolas ressuscitant les trois enfants mis au saloir (Wikimedia Commons)

Saint Nicolas ressuscitant les trois enfants mis au saloir (Wikimedia Commons)

Dans le Québec rural, les étrennes de fin d’année étaient apportées par l’Enfant Jésus, qui les remettait le jour de l’An. À mesure que le XIXe siècle avancera, les cadeaux seront de plus en plus distribués à Noël par Santa Claus chez les petits anglophones, et par saint Nicolas chez les petits francophones, comme d’ailleurs les écrivains Robert de Roquebrune et Ernest Choquette nous le font savoir dans leurs nouvelles.

Avec le XXe siècle, la figure du père Noël prendra l’aspect que nous lui connaissons aujourd’hui: joyeux vieillard très gras, vêtements rouges bordés de fourrure blanche, grosse ceinture de cuir noire. C’est le bonhomme que la civilisation américaine répandra à travers le monde.

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