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L’acquisition de la propriété L’Heureux permettra de protéger un écosystème forestier exceptionnel. Photo : Pierre Chapleau/Les Productions Prac
L’acquisition de la propriété L’Heureux permettra de protéger un écosystème forestier exceptionnel. Photo : Pierre Chapleau/Les Productions Prac

Randonneurs téméraires: Mont-Saint-Hilaire veut imposer des amendes

La Ville de Mont-Saint-Hilaire demande au gouvernement du Québec l’autorisation d’imposer des amendes aux randonneurs qui se trouvent dans des secteurs interdits de la montagne.

«Ça coûte très cher à la Ville, soulignait le maire Yves Corriveau au sortir de la séance ordinaire du conseil, lundi dernier. La dernière fois, c’était environ 6000 $. On dit au ministère: il y a un impact chez nous et on veut avoir ce pouvoir-là.»

La Ville veut donc pouvoir verbaliser ceux qui «s’aventurent sur le mont Saint-Hilaire hors des sentiers balisés par le biais d’accès illégaux et circulent à des endroits non aménagés et non appropriés, compromettant ainsi leur sécurité». La résolution fait valoir aussi «que les heures d’ouverture établies pour circuler sur les sentiers ne sont pas toujours respectées par les usagers ce qui entraîne pour ces derniers des dangers notamment reliés à la noirceur», et ce malgré «un affichage adéquat des consignes à respecter».

Le maire a tenu à préciser toutefois que la Ville ne veut pas verbaliser les promeneurs qui se seraient perdus sur la montagne.

Joint au téléphone, Martin Duval, responsable des services et de la sécurité pour la réserve naturelle Gault de l’Université McGill, affirme que «la Loi sur la conservation du patrimoine naturel peut nous aider, car la propriété de McGill est une réserve naturelle en milieu privé». De fait, il cite «la falaise Dieppe (qui) est un refuge d’oiseaux menacés».

M. Duval dit bien accueillir l’initiative de la Ville d’interpeller Québec pour adopter un règlement qui pourrait dissuader les promeneurs de fréquenter des endroits hors des sentiers. Bon an mal an, poursuit-il, environ 40 interventions de secours sont réalisées, dont 90 % ne sont pas majeures.

À deux reprises au cours des derniers mois, les pompiers et même un hélicoptère de la Sûreté de Québec ont dû intervenir pour sauver des randonneurs qui étaient coincés dans un endroit inaccessible. Photo : Michaël Turcotte/Archives

À deux reprises au cours des derniers mois, les pompiers et même un hélicoptère de la Sûreté de Québec ont dû intervenir pour sauver des randonneurs qui étaient coincés dans un endroit inaccessible. Photo : Michaël Turcotte/Archives

Rappelons qu’à deux reprises au cours des derniers mois, les pompiers et même un hélicoptère de la Sûreté de Québec ont dû intervenir pour sauver des randonneurs qui étaient coincés dans un endroit inaccessible. En juin dernier, quatre jeunes randonneurs se sont retrouvés prisonniers sur la paroi rocheuse de la falaise Dieppe. Le Service de sécurité incendie de Mont-Saint-Hilaire avait fait appel à la Sûreté de Québec, qui avait dû dépêcher un hélicoptère pour sauver les randonneurs téméraires. Deux mois plus tard, deux autres jeunes se sont retrouvés coincés sur une paroi du mont. L’opération de sauvetage effectuée par les pompiers avait duré six heures.

Plus de boisés conservés

On a également appris, lors de la séance, que la Ville de Mont-Saint-Hilaire a réservé 32 500 $ à même une enveloppe spécifique prévue pour l’acquisition de lots à des fins de conservation. De fait, elle demande à la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) de lui octroyer le même montant afin d’acquérir la propriété L’Heureux, un lot d’une superficie de 5,24 hectares situé sur le flanc nord du mont. La demande d’aide s’inscrit dans le cadre du Programme d’acquisition et de conservation d’espaces boisés de la CMM.

«Un coup de maître», a lancé le maire, visiblement satisfait de ce projet d’acquisition qui, s’il se concrétise, permettra à la Ville et au Centre de la nature du mont Saint-Hilaire d’augmenter encore la superficie de boisés conservés.

L’acquisition de la propriété L’Heureux «permettra de protéger non seulement son écosystème forestier exceptionnel formé d’essences rares, mais également plusieurs espèces de plantes vasculaires dont certaines possèdent un statut de protection fédérale ou provinciale et dont quelques-unes sont en voie de disparition au Canada», peut-on lire dans la résolution.

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