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Notre maison brûle

Le monde entier est réuni à Paris pour essayer de sauver la planète. La conférence sur le climat (COP21) s’est ouverte sur des perspectives apocalyptiques. Le temps de l’aveuglement volontaire et du déni est terminé. Il faut des remèdes de cheval, car on frappe le mur.

L’être humain a enfanté un monde monstrueux qui est en train de s’autodétruire. Avec ses mégalopoles complètement débiles et son obsession d’une croissance économique absolument folle et éternelle, le bon peuple se dirige tout droit vers la destruction de son habitat naturel.

La seule question à laquelle il faut répondre tout de suite est la suivante : sommes-nous prêts collectivement à changer notre style de vie de façon très radicale ?

Quelles sont les solutions pour sauver les meubles ? Il faudrait arrêter de produire un show de boucane, de pelleter des nuages et de déclamer de beaux discours lors de ce rassemblement de la dernière chance. Alors, voici quelques suggestions concrètes qui pourraient faire très mal à nos populations hédonistes qui n’ont surtout pas le goût pour les sacrifices.

Interdiction du pétrole, des sables bitumineux  et du charbon,  imposition obligatoire du transport en commun, électrification généralisée des automobiles, trains, autobus, avions, chauffage des bâtiments, machinerie agricole. Avoir le courage d’arrêter complètement l’étalement urbain et le dézonage agricole, d’utiliser l’énergie solaire, de limiter sa  consommation  au strict minimum à condition d’avoir vraiment besoin de l’objet convoité, de TOUT recycler au maximum, de ne rien jeter avant que tous ces biens de consommation ne soient usés jusqu’à la corde, de limiter les voyages au strict minimum, de mettre fin à la folie de changer tous nos bidules électroniques chaque année, d’arrêter de consommer en quantité industrielle comme des malades qui s’endettent et  dépensent dans la démesure la plus complète, etc.

Nous avons atteint le point de bascule, mais c’est politiquement incorrect de le dire.

Malheureusement, mon plan ne fonctionnera pas. Je vais donc continuer de recevoir à domicile des publisacs pesant deux ou trois kilos et des journaux de plus en plus épais pour m’inciter à consommer encore plus de choses inutiles et polluantes.

D’ici 2030, le nombre d’avions va doubler sur la planète, alors que 4 milliards de passagers vont hurler pour voyager et s’amuser en tant que pollueurs touristes. Les banlieues vont continuer de s’étaler et d’engloutir dans leurs griffes les belles terres arabes et les forêts de la planète. Les villes vont encore grossir pour devenir démentielles. Le nombre de voitures va doubler et tripler sur notre planète tapissée de ciment et d’asphalte. Les océans seront de plus en plus pollués. L’air deviendra irrespirable et les catastrophes climatiques seront devenues impossibles à gérer pendant que la folie débile de la croissance économique continuera son œuvre de destruction massive.

Soyons sérieux ! Quels dirigeants politiques oseraient forcer ses concitoyens à accepter une baisse très importante de leur niveau de vie ? Quelle population occidentale voudra changer radicalement et rapidement son riche style de vie postmoderne et très polluant, pendant que la Chine, l’Inde et tous les pays pauvres de la planète envient ce style de vie décadent et  veulent  nous imiter ?

Nous nous imaginons qu’avec la Conférence de Paris, la planète terre va opérer un virage vert sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Oui, peut-être sur papier et sûrement en votant jovialement des objectifs qui seront impossibles  à atteindre. Le bon peuple en colère va hurler. Il refusera de vivre beaucoup plus simplement, car c’est l’instant présent qui compte le plus pour lui.

Alors, quel est l’avenir pour notre pauvre planète ? Notre maison brûle pendant qu’on se regarde le nombril. Quelques millions de migrants envahissent actuellement l’Occident chassés par la guerre. Mais, sommes-nous conscients qu’à plus ou moins long terme, ce sera un milliard de réfugiés climatiques qui vont frapper à notre porte ?

Le Titanic coule et les naufragés continuent de s’amuser. On se reverra peut-être dans 50 ans !

Paul-André Deschesnes

Beloeil

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