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Ne craignez rien, je ne vous attaquerai pas. Mes proies sont les lièvres, les écureuils ou des oiseaux, et je me régale aussi de carcasses de chevreuils. Photo: Centre de la nature du mont Saint-Hilaire
Ne craignez rien, je ne vous attaquerai pas. Mes proies sont les lièvres, les écureuils ou des oiseaux, et je me régale aussi de carcasses de chevreuils. Photo: Centre de la nature du mont Saint-Hilaire

Me voir sur la montagne, c’est comme gagner à la loterie

Chère lectrice, cher lecteur,

Longtemps j’ai hésité avant de vous écrire une lettre. J’ai toujours préféré demeurer secret, invisible. Mais ma présence a été révélée par un visiteur de votre montagne, qui m’a vu couché sur une branche près du lac. Alors pour corriger tout message faux ou incomplet, je vous décris ma petite vie sur papier.

Je suis le pékan. Je suis gros comme un chat, solide et mince; mon corps et ma longue queue sont brun foncé, et ma tête grisâtre. J’ai le museau pointu, les pattes courtes, la fourrure drue, et je me cache dans la forêt dense et près des cours d’eau. Me voir sur la montagne, moi qui suis si petit mais vaillant et secret, est comme gagner à la loterie tellement c’est rare.

Si par chance vous me rencontrez, le goût ne vous viendra pas de me flatter, car je ne suis pas joli comme votre chat. D’ailleurs, je ferais le gros dos, je vous fixerais avec mes petits yeux vifs et je cracherais comme un chat, puis je m’éclipserais vite comme l’éclair, probablement vers le haut dans un arbre. Même si je préfère la terre ferme, je suis un grimpeur habile et – tenez-vous bien – je peux descendre un arbre la tête la première grâce à mes pattes arrière griffées que je peux tourner à 180 degrés. C’est toute une acrobatie!

Ne craignez rien, je ne vous attaquerai pas. Mes proies sont les lièvres, les écureuils ou des oiseaux, et je me régale aussi de carcasses de chevreuils. Attention! Je suis un des rares prédateurs capables d’attaquer le porc-épic. Il faut être rapide et très agile. Voici comment je m’y prends: je mords le porc-épic au visage et le tiens jusqu’à ce qu’il s’épuise. Puis je le tourne sur le dos pour le dévorer en lui ouvrant le ventre, où il n’y a pas d’aiguilles. Ce n’est pas joli, mais c’est efficace. La vie en forêt est rarement romantique, vous savez. D’ailleurs, je sers à mon tour de déjeuner au grand duc, au lynx et à l’ours noir. Et vous me piégez depuis longtemps pour ma fourrure. Heureusement que ma survie n’est pas menacée sur la montagne ou dans la région.

Tout pékan est un grand nomade infatigable. Je change constamment de gîte en occupant soit un arbre creux, soit une cachette sous une souche, un trou dans le sol ou, en hiver, un terrier dans la neige. Mon territoire est vaste et peut faire de 6 à 40 kilomètres carrés. Je n’ai pas une grande famille, car la femelle porte en moyenne trois jeunes par année. Je ne vis «en couple» que durant la période des amours et de l’élevage des petits, lesquels quittent à leur tour leur mère à cinq mois et sont matures à un ou deux ans. Je peux vivre une dizaine d’années, si le grand duc ne m’attrape pas. Peut-être qu’un beau jour vous me verrez, sur votre montagne. Je compte sur votre protection.

 

Le pékan, l’habitant secret de votre montagne

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