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Vue du lac Hertel (SHBMSH, P25 5-30,01)
Vue du lac Hertel (SHBMSH, P25 5-30,01)

Les premiers visiteurs au mont Saint-Hilaire

Si l’on fait abstraction des Amérindiens, qui visitèrent sans doute le Wigwômadensis (ancien nom du mont Saint-Hilaire) pour rendre hommage au Manitou ou surveiller la navigation sur le Richelieu, qui furent les premiers voyageurs à grimper sur la montagne?

Les visiteurs dont on connaît le passage au mont Saint-Hilaire sont des touristes qui ont laissé des comptes rendus de leurs voyages au Canada. Le plus ancien que l’on a retracé à ce jour est John Ogden, qui écrit en 1799 que le mont Saint-Hilaire est remarquable par ses vergers.

Sur le Pain de sucre. Gravure à partir d'une photo ancienne (SHBMSH, C52)

Sur le Pain de sucre. Gravure à partir d’une photo ancienne (SHBMSH, C52)

En 1818, c’est Francis Hall qui publie ses voyages effectués les deux années précédentes au Canada. Monté au Pain de sucre (la plus ancienne référence à ce toponyme que l’on connaisse à ce jour), le voyageur observe l’intense fumée bleue dégagée par les innombrables abattis dans la plaine au pied de la montagne.

Au cours des décennies suivantes, le mont Saint-Hilaire continuera d’être visité par des touristes fortunés, des Britanniques et surtout des Américains de la bourgeoisie, mais comme il n’est pas sur la route touristique principale du Québec, il n’attire pas un nombre considérable de visiteurs.

La croix du mont Saint-Hilaire, inaugurée en 1841, devient vite un élément déclencheur du tourisme d’excursion dans la région, faisant de la montagne un endroit apprécié des visiteurs de fin de semaine. Les compagnies de bateaux à vapeur mettent sur pied des «voyages de plaisir» à l’intention des Montréalais qui veulent aller admirer la fameuse croix.

L’écrasement de la croix en 1846 entraîne une diminution du tourisme d’excursion. Cependant, à compter de 1849, la nouvelle voie ferrée qui passe à Saint-Hilaire permet de relancer ces voyages du dimanche, même si les excursionnistes ne peuvent désormais contempler que la charpente de l’énorme croix, abattue par la tempête trois ans plus tôt.

C’est au cours de ces années que les publicités des hôtels et des auberges, des compagnies de navigation et plus tard des compagnies ferroviaires prennent une importance grandissante dans les journaux. La pureté de l’air du mont Saint-Hilaire devient rapidement un élément de publicité touristique, mis en évidence dès 1842 dans un journal montréalais. On écrira que le site est entièrement libre des maladies inflammatoires, de l’asthme, de la fièvre des foins ou du choléra; qu’il offre de grandes possibilités pour des personnes de constitution fragile; que c’est l’endroit idéal pour une convalescence. Plus tard, même le périodique américain American Geographical Journal écrira qu’on peut y respirer l’air le plus salubre des deux Amériques…

La construction des hôtels, dont l’Hôtel Iroquois au pied de la montagne en 1874 ou d’autres établissements près des gares de Beloeil et de Saint-Hilaire, transforme le tourisme, qui devient de plus en plus une activité de villégiature.

En même temps, le développement des maisons d’été prenait de plus en plus d’ampleur et déplaçait les lieux de villégiature sur les berges de la rivière. Ce tourisme de villégiature disparaîtra progressivement avec le XXe siècle et l’urbanisation de notre agglomération.

 

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