Accueil » Chroniques » Histoire des gens d’ici » Les loisirs d’automne autrefois
Chasse au canard sur le Richelieu (L'Opinion publique, 2 février 1871)
Chasse au canard sur le Richelieu (L'Opinion publique, 2 février 1871)

Les loisirs d’automne autrefois

Autrefois, les Beloeillois et les Hilairemontais étaient presque entièrement pris par les travaux agricoles, ne disposant ainsi que de peu de temps pour leurs loisirs. La fin de l’été et les mois d’automne étaient donc pour eux un moment privilégié, puisque les récoltes étaient terminées et que les sorties de chasse et de pêche devenaient possibles. Lorsque l’été des Indiens s’annonçait, c’était le moment des promenades, des excursions le long de la rivière ou à la montagne. Beaucoup d’hommes en profitaient pour préparer leur fusil.

Chasse au renard, Montreal Hunt Club, Saint-Hilaire, 1882 (Musée McCord, achat de l'Associated Screen News Ltd., II-66781)

Chasse au renard, Montreal Hunt Club, Saint-Hilaire, 1882 (Musée McCord, achat de l’Associated Screen News Ltd., II-66781)

Il n’était pas nécessaire d’aller dans des régions lointaines pour trouver du gibier: il suffisait de se rendre dans les boisés et les forêts au fond des terres pour débusquer de petites bêtes comme des lièvres, des marmottes, des ratons laveurs ou tout simplement des écureuils. Mais pour abattre du beau gibier, il fallait se diriger vers la montagne. Là, avec un peu de chance et beaucoup de patience, on pouvait tuer un animal intéressant comme un rat musqué, un coyote ou un porc-épic, ou encore abattre un des oiseaux migrateurs qui faisaient escale au lac Hertel. Le plus beau trophée demeurait toujours les bois d’un des chevreuils du mont Saint-Hilaire. Tout cela, en autant que l’on ne se fasse pas capturer soi-même par le garde-chasse du seigneur Hertel ou Campbell; mais se cacher du garde-chasse ajoutait du piment à la sortie! À cette époque, il n’existait plus d’ours à la montagne depuis longtemps, s’il y en eut jamais. Il y avait encore des loups, mais ils disparurent au milieu du XXe siècle.

Les seigneurs Campbell protégeaient jalousement la montagne. On craignait que des paroissiens n’y allument des feux par inadvertance, et on ne voulait pas que des étrangers viennent y prélever des animaux rares et de grande valeur comme des hermines, des visons ou des lynx. Les Campbell eux-mêmes s’adonnaient à la chasse. L’une des battues les plus remarquables qu’ils organisèrent fut une chasse au renard en compagnie des membres du Montreal Hunt Club en 1882. Ces chasses à courre avaient lieu à travers la montagne et même sur les terres environnantes si le renard poursuivi se sauvait dans ces directions.

Une photo nous fait voir les chasseurs en visite au manoir Campbell rassemblés, avec chevaux et chiens, devant l’entrée au moment d’entreprendre la chasse à courre. Comme les chasseurs provenaient de Montréal et que leur déplacement à Saint-Hilaire impliquait le transport de leurs chevaux et de leurs chiens par train, ce qui n’était pas une mince affaire, on est amené à croire que cette sortie du Montreal Hunt Club fut exceptionnelle.

Plusieurs chasseurs friands de sauvagine étaient à l’affut des oiseaux migrateurs, cachés dans des endroits secrets le long de la rivière. Les zones marécageuses du haut Richelieu étaient fréquentées pour la chasse aux canards, aux outardes et à d’autres oiseaux recherchés.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.