Accueil » Chroniques » Histoire des gens d’ici » Les bateaux à vapeur d’autrefois
Bateau à vapeur Le Ferdinand face au mont Saint-Hilaire (SHBMSH, P25 7-27,3)
Bateau à vapeur Le Ferdinand face au mont Saint-Hilaire (SHBMSH, P25 7-27,3)

Les bateaux à vapeur d’autrefois

Tout le monde a entendu parler des bateaux à vapeur d’autrefois, qui furent un élément capital de ce que l’on a appelé la révolution des transports au XIXe siècle. Bien peu de gens savent cependant que c’est sur le Richelieu qu’a circulé le premier bateau à vapeur au Canada, avant même que ne commence la navigation sur le Saint-Laurent. Il faut reconnaître toutefois que le premier bateau à vapeur du Richelieu arrivait de Burlington et qu’il s’arrêtait à Saint-Jean parce qu’il ne pouvait pas descendre les rapides de Chambly. C’était en 1809.

Il faudra attendre douze ans pour qu’un premier bateau à vapeur remonte le bas Richelieu et s’arrête à Beloeil. Le De Salaberry était la propriété d’une quarantaine d’hommes d’affaires de la région, dont René Hertel de Rouville, de Saint-Hilaire, ainsi que Augustin Cartier et Alphonse Dumont, de Beloeil. Il transportait marchandises et passagers une fois par semaine. Le navire prit feu en 1823 et coula dans le Saint-Laurent. C’était une époque où les incendies et les collisions sur les cours d’eau étaient nombreux, sans compter que parfois les bateaux n’arrivaient pas à remonter les rapides de Saint-Ours, qui n’étaient pas encore canalisés. Les années 1820 et 1830 virent accoster à Beloeil plusieurs vapeurs qui offraient un service hebdomadaire. À compter de 1830, des bateaux à vapeur commencèrent à visiter nos paroisses pour transporter le blé, le bois, la potasse et la perlasse (des engrais).

Barges au quai de Beloeil-Station (SHBMSH)

Barges au quai de Beloeil-Station (SHBMSH)

Avec les années, les bateaux à vapeur se spécialisèrent. Des remorqueurs de plus en plus nombreux commencèrent à touer en direction du lac Champlain des barges chargées de bois qui provenaient de l’Outaouais. Un grand nombre de bateaux à vapeur faisaient la navette entre Montréal et Chambly en s’arrêtant à Beloeil, comme le Richelieu qui transportait des passagers et tirait la barge Sincennes, qu’on chargeait de produits agricoles ou de bétail. La plupart des bateaux à vapeur ne pouvaient pas emprunter les écluses de Chambly (ouvertes en 1843) parce qu’21ils étaient trop gros.

De façon générale, les capitaines des bateaux à vapeur n’aimaient pas beaucoup naviguer sur le bas Richelieu. La rivière n’était pas assez profonde, et les quais paroissiaux présentaient des risques d’échouement au moment de l’accostage.

Le transport par bateau à vapeur diminua de plus en plus à mesure que le XIXe siècle s’avança; vers la fin, en plus des passagers, on transportait surtout du papier journal de même que des explosifs de la poudrière de Beloeil en direction des États-Unis.

Au début du XXe siècle, des bateaux à vapeur, en même temps que des goélettes,  transportaient encore des cargaisons de pommes vers les villages en direction du fleuve. Au milieu du siècle dernier, on sonna définitivement le glas des bateaux à vapeur sur le Richelieu. On s’engagea bientôt dans la navigation de plaisance.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.