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L’éboueur infatigable

Cher lecteur, (cher spectateur?),

Les journées raccourcissent impitoyablement; les insectes se font rares, et les fruits sont en partie mangés. Donc, c’est le grand départ pour le sud. Avant de partir à mon tour, je veux vous dire un mot, moi l’urubu à tête rouge, le vautour, le charognard de la montagne. On dit que je suis un gros oiseau, plutôt laid. Vous me connaissez mal. Je suis l’élégance même. Vous m’avez vu planer gracieusement au-dessus de la montagne, les ailes noir et gris argenté en V, d’une envergure de près de deux mètres. Nous sommes parfois 6 planeurs et même 20 d’un coup. Nous avons d’ailleurs un dortoir près de la rivière.

Rassurez-vous, je ne suis pas féroce et je ne mange que des carcasses, fraîches si possible. Vous voyez, tous les goûts sont dans la nature! Fait rare chez les oiseaux, qui n’ont pas le nez fin, mon odorat est tellement développé que je flaire une carcasse, même cachée sous des feuilles, à un kilomètre. C’est pas mal. Je suis un éboueur infatigable qui vous débarrasse des carcasses, sources de puanteur et de maladies.

Nous, les urubus, sommes en couple stable pour la vie. Nous vivons environ 16 ans et avons habituellement deux petits par année. Nous sommes des immigrants récents en provenance de la Nouvelle-Angleterre ou de l’Ontario, car nous ne nous sommes établis parmi vous que dans les années 1970. Dans six mois, nous reviendrons de notre voyage en Amérique du Sud, en même temps que les hirondelles. Vous nous verrez planer fièrement.

 

Au revoir!

Votre fier Urubu

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