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L’hôtel des sources de Varennes (Musée McCord, gravure du XIXe siècle, M930.50.8.436)
L’hôtel des sources de Varennes (Musée McCord, gravure du XIXe siècle, M930.50.8.436)

L’eau miraculeuse de Beloeil

Au XIXe siècle, il existait plusieurs façons de se tenir en bonne santé. Les familles les plus riches passaient l’été loin des villes et des chaleurs insupportables, qui favorisaient le développement des maladies contagieuses. Les stations de villégiature, notamment dans le Bas-du-Fleuve, recevaient alors une importante clientèle.

Le docteur Jean-Baptiste Brousseau (SHBMSH, P04 1-6,3)

Le docteur Jean-Baptiste Brousseau (SHBMSH, P04 1-6,3)

À cette époque, on consommait abondamment d’eaux minérales, dont les vertus curatives étaient extraordinaires, prétendait-on. On construisait des établissements à l’endroit où ces eaux minérales jaillissaient du sol. Les hôtels de Caledonia Springs et de Plantagenet, en Ontario, et ceux de Saint-Léon et de Varennes, au Québec, étaient particulièrement fréquentés; on se rendait à Caledonia Springs en train; on prenait la diligence pour aller à Varennes. L’Hôtel Iroquois, au mont Saint-Hilaire, possédait même des bains dont la fréquentation devait apporter de grands bienfaits pour la santé. Évidemment, les hôteliers affirmaient qu’il fallait demeurer au moins deux ou trois semaines dans leur établissement pour que l’effet des eaux minérales commence à se faire sentir…

Mais sait-on que Beloeil, oui, Beloeil, a eu ses sources d’eau médicinale?

C’était dans les années 1840. Le marchand Jean-Baptiste Bernard découvre sur une de ses terres du Grand Coteau, à l’arrière de la paroisse de Beloeil, une source d’eau minérale, qu’il se dépêche de faire analyser par un chimiste. Il apprend alors que c’est une eau salée, alcaline, contenant un peu d’iodure et de bromure de sodium, sans compter différents carbonates, et il se dépêche de la faire connaître à Beloeil.

Le docteur de la paroisse, Jean-Baptiste Brousseau, en 1851, certifie que ces eaux peuvent être utilisées pour le traitement de nombreuses maladies, dont les malaises intestinaux, les maladies pestilentielles, les paralysies et les cancers, et que ses patients ont ressenti un grand bien-être à la suite de la consommation de cette eau.

Le paroissien G. Préfontaine déclare qu’il a souffert d’un grand mal d’yeux et qu’en buvant de l’eau de Jean-Baptiste Bernard et en se frottant les yeux avec, il a été guéri en quatre ou cinq jours. Messieurs Davignon et Brillon ajoutent que lorsqu’ils ressentent des maux d’estomac, il leur suffit de prendre quelques gorgées de l’eau du Grand Coteau pour qu’ils se sentent mieux.

Quant à Charles-Étienne Letestu, marguillier, chantre et gardien des enclos publics à Saint-Hilaire, il jure que pendant trois ans il a souffert d’une vive douleur au bras droit, au point de ne plus pouvoir s’en servir. Il a entendu parler des eaux de la saline du Grand Coteau, s’y est rendu, s’est trempé le bras dans la source et en a ressenti un grand bien-être; depuis ce temps, affirme-t-il, il fait usage régulièrement de cette eau.

L’eau des sources de Beloeil possède donc de grandes qualités curatives, on le voit bien, et Jean-Baptiste Bernard se dépêche de l’embouteiller pour la vendre à l’extérieur de la paroisse. À Montréal, on peut l’obtenir chez deux détaillants de la place Jacques-Cartier.

Il semble bien que l’histoire des eaux de Beloeil s’arrêta là. En tout cas, on n’a jamais entendu parler d’un hôtel construit près des salines du Grand Coteau de Beloeil!

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