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Gare de Saint-Hilaire, près de la montée des Trente (SHBMSH, P25 3-52,3)
Gare de Saint-Hilaire, près de la montée des Trente (SHBMSH, P25 3-52,3)

Le train arrive à Beloeil–Saint-Hilaire

Au début des années 1840, les besoins commerciaux rendaient de plus en plus nécessaire de relier par voie ferrée les villes importantes du nord-est du continent. Un projet prenait forme pour relier Portland (Maine), dont le port était libre de glace, à la ville de Montréal.

Au Canada, la compagnie St. Lawrence and Atlantic Railroad se chargerait de la construction de la voie vers Saint-Hyacinthe, Sherbrooke et la frontière américaine. Thomas Edmund Campbell, devenu seigneur de Rouville en 1844, était alors convaincu qu’une voie ferrée serait un atout précieux pour le développement de sa seigneurie. Comme il était administrateur de l’entreprise ferroviaire, il usa de son influence pour que la voie prévue vers Saint-Hyacinthe passe par Beloeil et Saint-Hilaire. En 1845, il cédait à la compagnie les terrains qu’il possédait à Saint-Hilaire afin qu’on y établisse la voie ferrée.

Le trajet choisi n’était pas le plus court puisqu’il fallait contourner la montagne. Mais le meilleur endroit pour franchir l’obstacle du Richelieu était à Saint-Hilaire, là où la rivière coule sur un banc rocheux. Les rails achetés pour la voie entre Saint-Hilaire et Saint-Hyacinthe furent ensuite déposés sur le quai du seigneur Campbell pendant qu’on construisait cette section.

À cette époque, évidemment, les trains étaient tirés par des locomotives à vapeur. Il fallait prévoir des arrêts pour l’approvisionnement en bois (plus tard en charbon) afin de chauffer l’eau qui générerait la vapeur des locomotives. Le seigneur Campbell fit alors creuser un bassin pour recueillir de l’eau au pied de la montagne et l’acheminer par gravité vers les trains qui devaient s’arrêter en ville.

La voie ferrée fut enfin terminée le 27 décembre 1848. Ce n’est toutefois qu’en 1859 que le pont Victoria fut ouvert à la circulation ferroviaire et permit à la population de la vallée d’atteindre directement Montréal.

Vers 1848 ou même un peu avant, on construisait les bâtiments nécessaires pour abriter les travailleurs de la voie ferrée et les futurs voyageurs. Saint-Hilaire posséda deux gares. La première, St. Hilaire Station, était située à la jonction avec la montée des Trente. Selon l’époque, cet arrêt important permit le chargement des pommes, du sirop d’érable, du bois et d’autres matériaux; on y déchargea le courrier pour la région pendant que les voyageurs descendaient du train vers les maisons avoisinantes ou les hôtels. La gare de St. Hilaire East, au croisement de la rue Sainte-Anne, dans le vieux village, était avant tout une gare de voyageurs.

Gare de Beloeil (SHBMSH, P01 2-51,2)

Gare de Beloeil (SHBMSH, P01 2-51,2)

À Beloeil Station, la gare était à la fois une gare commerciale et de voyageurs. Ceux-ci arrivaient du village grâce aux services d’un voiturier et se mêlaient aux voyageurs qui provenaient des paroisses voisines le long du Richelieu; car la gare de Beloeil avait cet avantage d’être à proximité de la rivière. Des bateaux à vapeur faisaient la connexion avec le train vers Montréal grâce aux quais nouvellement aménagés.

Plusieurs commerçants vinrent s’installer autour de la gare. On faisait le commerce de grandes quantités de bois de construction et de chauffage. On expédia également du foin et du lait vers la métropole. L’animation était intense à cette époque.

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