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Le centriste radical

La politique, c’est du sport! Cette expression a trouvé tout son sens lundi dernier en soirée lorsque la vague libérale a laissé des traces dans la circonscription de Beloeil–Chambly. Une vague rouge, mais avec de larges sillons orange et également bleu ciel pour illustrer les couleurs (et la part des votes assez égale) des trois partis: libéral, néodémocrate et bloquiste.

La teinte récoltée reflète-elle résolument le côté progressiste de l’électorat, ou découle-t-elle de choix faits sur un coup de tête? Nous aurons peut-être la réponse en octobre 2019 si, évidemment les libéraux maintiennent la promesse de tenir des élections à date fixe héritée du gouvernement sortant.

La vague, cette fois rouge, n’a pas réussi à déloger Matthew Dubé. Le député néodémocrate demeure en place grâce à l’appui de 20 641 personnes, soit un peu moins que le tiers des 66 438 citoyens qui se sont prévalus de leur droit de vote. Un résultat tout à fait légitime et démocratique, qui devra amener l’élu à représenter tous ses concitoyens et à défendre les enjeux locaux.

La question de la sécurité de la navigation sur le Richelieu et de la protection des berges déborde le comté et préoccupe d’autres municipalités riveraines. À titre d’élu de la deuxième opposition, M. Dubé pourrait toutefois trouver laborieux de porter ce dossier dans une enceinte regroupant les 338 circonscriptions d’un immense pays.

L’autre enjeu, extrêmement crucial, est celui de la sécurité ferroviaire. À ce chapitre, réduire la quantité de wagons DOT-111 en service est un bon début, mais il faut que le candidat poursuive ses pressions auprès du nouveau gouvernement. Il est à souhaiter aussi, puisque 19 494 citoyens ont voté pour la candidate libérale, que Karine Desjardins amène cet enjeu auprès de sa formation. Elle ferait ainsi écho à tous ces électeurs qui souhaitaient l’avoir comme députée.

«Augmenter les normes de sécurité, mettre en place une structure de surveillance», comme le proposait Karine Desjardins, n’implique pas un coût astronomique au regard du risque encouru chaque jour pour la sécurité de la population et pour l’approvisionnement en eau potable. Un coût insignifiant à côté des milliards de dollars que génère l’industrie pétrolière et chimique.

D’aucuns ont dit que cette élection est historique. Elle l’est d’autant plus que les principales formations, exception faite du Parti conservateur, ont joué à la chaise musicale. Le Nouveau parti démocratique s’est tassé au centre; là où le Parti libéral l’a délaissé pour flirter avec la gauche et y demeurer, mais jusqu’à quand? Quant au Bloc québécois, il s’accroche. Son orientation, qui traduit davantage son côté arc-en-ciel, a peu d’importance en comparaison de sa priorité, celle de défendre les intérêts du Québec à Ottawa.

Une élection historique, mais une élection «bonbon» pour les journalistes et les étudiants en science politique. Disons qu’il sera extrêmement intéressant de suivre de près une formation qui devrait d’abord, pendant un an, se réapproprier le fonctionnement du gouvernement, gouverner pendant deux ans et, la dernière année, préparer les prochaines élections. On saura alors si Justin Trudeau aura suivi les traces de son père, Pierre Elliot Trudeau, qui disait: «Je suis un centriste radical.»

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