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La plus ancienne vue générale du mont Saint-Hilaire, vers 1870 (SHBMSH, P04 273)
La plus ancienne vue générale du mont Saint-Hilaire, vers 1870 (SHBMSH, P04 273)

L’apparition de la photographie dans la région

Pendant des siècles, les personnes qui désiraient obtenir leur portrait ou celui des membres de leur famille devaient s’adresser à un artiste peintre. Ce n’est qu’avec l’invention de la photographie que les familles furent délivrées de cette obligation de faire peindre des portraits à l’huile quand elles voulaient conserver un souvenir.

Il en fut de même dans notre milieu aux XVIIIe et XIXe siècles. Les seigneurs Hertel de Rouville créèrent une galerie de portraits qui s’étend sur un siècle et quart, de 1710 à 1840; cette galerie constitue le groupe de portraits le plus nombreux et le plus ancien au Canada.

Ces portraits ne sont pas signés, et les plus anciens, ceux de Jean-Baptiste Hertel (vers 1710) et de René-Ovide Hertel (vers 1780), sont tout à fait anonymes. Les portraits de Jean-Baptiste-Melchior Hertel et de son épouse, peints vers 1810, sont attribués à William von Moll Berczy, alors que ceux de Jean-Baptiste-René Hertel et de son épouse Anne-Charlotte Boucher de la Broquerie auraient été peints par Jean-Baptiste Roy-Audy vers 1830-1840. Tous ces tableaux (et bien d’autres de la famille Hertel) sont conservés au musée McCord.

L’industrie de la peinture de portrait sera bouleversée par l’apparition de la photographie. C’est en 1839 que les Français Joseph Nicéphore Niepce et Louis Jacques Mandé Daguerre présentent au public les premières photographies sous forme de daguerréotypes. Les tout premiers photographes au Québec, à l’automne 1840, sont des photographes américains itinérants. Au cours des décennies 1840 et 1850, une vingtaine de studios apparaissent dans la province.

Les studios étant situés à Montréal et à Québec, les personnes désireuses de se faire photographier devaient se rendre dans une de ces deux villes. Les photographes, occupés par leur travail en studio, ne se rendaient pas à Beloeil ou à Saint-Hilaire.

Superbe carte postale faisant voir notre agglomération vers 1910 (SHBMSH, C09 01,06)

Superbe carte postale faisant voir notre agglomération vers 1910 (SHBMSH, C09 01,06)

Les plus anciennes photographies de notre région sont donc des portraits de personnes à l’aise, comme les membres de la famille de Rouville ou les bourgeois de notre agglomération, qui se sont rendus à Montréal au studio d’un photographe. Ces photos, telles qu’on les retrouve aujourd’hui, ne sont jamais datées, et les personnes jamais identifiées; il faut se fier aux vieux albums photos annotés par les descendants de ces premières personnes à avoir connu la photographie.

Comme les photographes résidaient à Montréal, il ne faut pas s’étonner qu’on n’ait jamais retracé de photographie de la fameuse croix du mont Saint-Hilaire, abattue en 1846.

Les Archives nationales du Canada possèdent une vue générale de Saint-Hilaire, vers 1870, qui est probablement la plus ancienne photo de la montagne. À cette époque, les photographes commencèrent à se déplacer dans la province puisque nous possédons plusieurs images de la terrible catastrophe ferroviaire du pont de Beloeil–Saint-Hilaire survenue le 29 juin 1864.

Il faudra attendre quelques dizaines d’années pour que des photographes de talent, comme l’Hilairemontais Louis-Philippe Martin (1872-1949), commencent à diffuser de belles cartes postales du Richelieu et de la montagne.

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