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La présidente de la CSP estime que «la réforme proposée par le gouvernement n’amène rien de concret pour favoriser davantage la réussite des élèves». Photo : Michaël Turcotte/Archives
La présidente de la CSP estime que «la réforme proposée par le gouvernement n’amène rien de concret pour favoriser davantage la réussite des élèves». Photo : Michaël Turcotte/Archives

La CSP exprime son désaccord face à la réforme du ministre Blais

La présidente de la Commission scolaire des Patriotes (CSP), Hélène Roberge, a exprimé son désaccord concernant le projet de loi 86, qui vise à remplacer le conseil des commissaires par un conseil scolaire formé de parents, de membres du personnel de la commission scolaire et de personnes de la communauté. Les changements prévus vont réduire le pouvoir des directions des commissions scolaires au profit des directeurs d’écoles et des parents.  

«Je suis déçue de l’abolition des élections scolaires. Le maintien d’une taxe réclame une élection au suffrage universel au cours de laquelle tous les citoyens peuvent choisir leurs représentants. Les élections “facultatives” proposées dans ce projet de loi ne répondent pas à ce principe. D’autres éléments contenus dans ce projet sont franchement inquiétants, notamment ceux où le ministre se réserve de nouveaux pouvoirs directifs qui pourraient aller à l’encontre de décisions locales prises en toute connaissance de cause dans l’intérêt des élèves», affirme Mme Roberge dans un communiqué publié mardi dernier.

La présidente de la CSP, qui a décliné une offre d’entrevue de Laurier Le Journal, estime que «la réforme proposée par le gouvernement n’amène rien de concret pour favoriser davantage la réussite des élèves». Et d’ajouter: «Nous allons poursuivre l’analyse du projet de loi pour en mesurer les impacts sur notre milieu et surtout, évaluer comment toutes ces nouvelles mesures vont se traduire pour nos élèves. Je suis déçue de la vision du gouvernement en matière d’éducation. Bien que le ministre Blais ait mentionné en point de presse que ce projet de loi s’inscrit en réponse à (sa) volonté de favoriser encore plus la réussite des élèves, je constate que ce n’est pas le cas puisque les élèves ne sont même pas au cœur de cette réforme qui s’attarde davantage aux structures.»

Les nouveaux conseils scolaires

Ceux-ci seront composés, selon le projet de loi, de 16 personnes, soit 6 parents, 1 enseignant, 1 membre du personnel des écoles, 2 directeurs d’établissements scolaires, et 6 personnes venant de la communauté. Ces derniers, peut-on lire dans le projet de loi, «peuvent être élus, selon le résultat d’une consultation, soit par l’ensemble des électeurs domiciliés sur le territoire de la commission scolaire, soit par le comité de parents. (…) Le projet de loi énonce le rôle central de l’école dans le cheminement des élèves.»

Face au nouveau fonctionnement proposé, Mme Roberge juge qu’«il serait plus simple d’accorder le droit de vote aux quatre commissaires-parents déjà présents aux conseils des commissaires». La présidente a évoqué, par ailleurs, la constitution du futur conseil scolaire pour affirmer que «les parents risquent d’être en minorité sur un conseil qui pourrait être mené majoritairement par des personnes représentant des intérêts différents et qui se retrouveront inévitablement dans des situations de conflits ou d’apparence de conflits d’intérêts ou de loyauté.»

La présidente dit partager la vision de décentralisation du ministre Blais, mais elle y met des bémols: «Notre modèle de gestion décentralisé fonctionne bien et a fait ses preuves, mais il est désormais en péril. Ce n’est pas gagnant pour nos élèves ni pour nos directions d’établissement parce que nous en faisons plus en matière de décentralisation des ressources vers nos écoles que ce qui est présenté dans le projet de loi.»

La CSP va poursuivre l’analyse du projet de loi et présentera ses recommandations au ministre de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

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