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Michel Noël a passé ses premiers 14 ans de vie à proximité des réserves, et est donc bien au fait des difficultés inhérentes à la vie dans ces endroits.
Michel Noël a passé ses premiers 14 ans de vie à proximité des réserves, et est donc bien au fait des difficultés inhérentes à la vie dans ces endroits.

Histoires algonquines

L’écrivain et ethnologue d’origine algonquine Michel Noël demeure un être habité par cette urgence de parler que ressent son peuple. Il a traduit cette nécessité avec érudition, avec éloquence et, surtout, avec passion samedi dernier alors que la Maison des cultures amérindiennes clôturait l’exposition Le génie d’un peuple, le génie d’un artiste.  

De petites pièces d’ivoire de morse sculptées et des objets du quotidien des Inuits collectionnés par Michel Noël avoisinaient des œuvres de Jean-Paul Riopelle. «Je me considère privilégié d’exposer en même temps que Riopelle», introduit celui qui a écrit plus de 100 livres sur la culture amérindienne, son artisanat et sa philosophie de vie, entre autres.

Michel Noël a passé ses premiers 14 ans de vie à proximité des réserves, et est donc bien au fait des difficultés inhérentes à la vie dans ces endroits. «À 14 ans, je savais à peine lire et écrire», confie l’écrivain, qui se rappelle avoir vu de ses propres yeux «les coupes à blanc et le départ des orignaux». Lui et son peuple s’étonnaient aussi des transformations de leur environnement, alors qu’ils recevaient pourtant des lettres les informant de la construction de routes, de barrages ou d’autres infrastructures. «Mais personne ne savait lire», dira le métis, qui jura à son père d’aller apprendre à lire et à écrire.

Chemin faisant, il entreprit une course contre la montre pour rattraper le temps perdu. Mission accomplie, puisqu’aujourd’hui le septuagénaire collectionne les diplômes, incluant un doctorat. Ces études lui ont notamment permis de travailler au sein du ministère des Affaires indiennes et du Nord de 1970 à 1976. Il a décroché au fil de sa carrière plusieurs prix prestigieux, dont le Prix du Gouverneur général du Canada, et a été nommé chevalier de l’Ordre national du Québec et chevalier de l’Ordre des arts et des lettres de France.

Lors de sa présentation, Michel Noël a fait preuve d’une grande générosité afin de nous faire découvrir son amour et sa passion pour la nature, la vie et la culture amérindienne. En témoignent ces batteries de cuisine faites d’écorce de bouleau; ces fleurs d’été dans la toundra qui ne vivent qu’un seul jour, mais qui le vivent intensément; et tous ces objets biodégradables, ce patrimoine tangible qui est à la recherche d’un musée pour l’accueillir.

 

 

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