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Marcel Comiré, directeur général du Comité de concertation et de valorisation du bassin de la rivière Richelieu. Photo: Pierre Chapleau/Les Productions Prac
Marcel Comiré, directeur général du Comité de concertation et de valorisation du bassin de la rivière Richelieu. Photo: Pierre Chapleau/Les Productions Prac

Eaux usées: Regard mitigé du COVABAR

«L’usine a permis une certaine amélioration, mais ce n’est pas parfait partout», commente Marcel Comiré, directeur général du Comité de concertation et de valorisation du bassin de la rivière Richelieu (COVABAR), un organisme dont un des mandats est de veiller à améliorer la gestion de l’eau.

Il existe six stations d’échantillonnage pour mesurer la qualité de l’eau le long du Richelieu. M. Comiré note d’abord que deux des tributaires de la rivière posent problème. Il s’agit de «la rivière des Hurons, qui part derrière le mont Saint-Hilaire et qui se jette dans le bassin de Chambly, tout près de la principale frayère du chevalier cuivré, et l’autre, c’est la rivière L’Acadie. Avec les années, on a vu à certains endroits que ça s’améliore, mais ce n’est pas parfait.»

Le directeur général tient à faire remarquer que les rejets agricoles constituent une source de pollution importante. «Les producteurs ont été poussés à produire plus dans les années 1950 par les gouvernements», note M. Comiré. Du même souffle, il évoque la vitesse de ruissellement de l’eau de pluie, qui prend maintenant 2 heures pour atteindre la rivière alors que d’ordinaire, cela prenait 48 heures. Ce qui se traduit pour les sols par «un lavage important d’engrais et de pesticides».

À ce sujet, le COVABAR a été appelé à voir l’impact de l’utilisation de ces produits sur le chevalier cuivré. Il s’agit d’«un poisson en voie de disparition, car pour se reproduire, il lui faut une eau de qualité; il est très sensible aux rejets agricoles», indique M. Comiré.

Quant à l’impact qu’ont les rejets d’eaux usées sur la qualité de l’eau du Richelieu, il précise que l’effet de dilution peut limiter les conséquences sur l’écosystème. Et de poursuivre: «Les cours d’eau peuvent en prendre, mais il y a des limites; avec les changements climatiques, on peut aussi avoir moins d’eau; c’est là que la “soupe” se forme. Le niveau d’eau peut baisser, l’effet de dilution peut être moins important.»

Dans la région, «on ne sent pas que la gestion de l’eau est prioritaire», croit M. Comiré, qui souligne que le Richelieu fait aussi face à des rejets provenant d’une vingtaine de terrains de golf et d’autant de marinas, entre autres.

Le COVABAR a vu le jour en 2000, mais il a gagné sa légitimité en 2002 à la suite de l’adoption par l’Assemblée nationale de la politique de l’eau. Plus tard, lorsqu’on a découvert la présence de cyanobactéries (les «algues bleues»), qui ont affecté plusieurs cours d’eau à partir des années 2007-2008, le gouvernement a voulu régler ce problème et a octroyé des territoires orphelins à des organismes, dont le COVABAR, mentionne M. Comiré. «On a hérité d’une bande tout le long du fleuve entre Brossard et Sorel; on peut peut-être donner des conseils aux Villes, mais nous n’avons pas les ressources nécessaires comme des biologistes, des ingénieurs», déplore-t-il. L’organisme bénéficie d’une subvention annuelle de 65 000 $.

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